Monsieur X dit :
Une fois que tu as disparue de ma vie j'ai fais ce que j'ai pu pour ramasser les pièces de mon ego brisé, j'ai finis par rencontrer ce qui semblait être ton sosie et par la même occasion le sosie de la fille dont j'ai rêvé pendant une décade. Ça s'est fini en fiasco et avec un seizième d'âme seulement en ma possession je suis tombé malade.
Je dormais plus de 40 heures pour ne tenir éveillé que 4
Plus rien n'avait de goût.
Je ne distinguais plus les couleurs.
J'ai jamais rien sentis alors mon nez ne me manquait pas vraiment.
Je n'arrivais ni à sourire, ni à pleurer, ni à avoir mal lorsque je me coupais, ni à frissonner sous le passage d'une caresse amicale.
J'étais pour ainsi dire mort.
J'ai passé un mois dans ma session dans cette condition.
Lorsque j'ai fini par reprendre suffisamment le contrôle pour prouver que mon corps était toujours en vie, je souffrais de je m'en foutisme aguerri. Sans compter qu'il m'arrivait que ma mémoire cesse d'enregistrer pendant plusieurs heures. Je me réveillais donc sans savoir ce que j'avais fait dans des lieux qui m'étaient parfois inconnus.
Avec le temps on s'habitue. Même à un niveau aussi bas de vie.
Il m'arrive de croire que je ressens encore parfois.
Mais c'est comme la différence entre l'odeur du gâteau que fait la voisine et mordre dans ce même gâteau.
Comme c'est tout ce qu'il me reste je fait ce que je peux avec...
Un seizième...
[...]
Pour faire simple, lorsque tu aimes quelqu'un ou que tu t'impliques grandement dans un projet, que tu le veuilles ou non tu lui donnes une partie de ton âme. Sauf que si cette personne te trahit, te quitte, meure, ou que le projet disparaît, échoue, cette part d'âme devient irrécupérable.
Tu sais que tu perds une part d'âme quand tu te sens mourir mais que tu ne meurs pas.
Que tu t'aperçois qu'il te manque certaines choses certaines sensibilités et tôt ou tard tu finis par surmonter, tu te dis que t'étais un peu déprimé c'est tout et la vie continue.
On dit qu'il ne faut pas rester au sol.
Que lorsqu'on tombe il faut se relever, mais c'est faux.
C'est le réflexe qu'on a.
Mais si lorsqu'on as été mis au tapis on se relève, on laisse une part de nous derrière. Ainsi on surmonte la peine c'est vrai.
Mais on perd aussi la joie, la nostalgie, la volonté de continuer qui était en cette part.
À chaque amour je perd une moitié de ce qui reste.
[...]
Une obsession...
C'est ce qui manque.
C'est la dernière chose que j'ai perdue.
Toute ma vie à courir après l'âme soeur.
Toute ma vie a chercher quelqu'un a qui me sacrifier.
Et puis soudainement m'est apparu que je ne poursuivais même pas un fantôme.
Et que la seule chose pour laquelle je vivais n'avait aucun intérêt.
[...]
Et comme tu le sais déjà, je ne devrais pas être là.
Si tout s'était déroulé selon la nature, je serais mort à l'âge d'un mois.
Si tout s'était déroulé selon mes plans, à 2 mois j'aurais réussi a me suicider en rouvrant mes coutures,
Si tout s'était déroulé selon la science je serais présentement sourd et aveugle.
Tout le monde a échoué.
Aussi suis-je encore là, encore fonctionnel, mais sans fonctionnalité.
Une personne qui n'est pas destiné à vivre, qui a échappé a cause de circonstances étranges ou forcées par trois fois a la mort est oubliée du destin.
Son histoire s'arrête là ou elle devait mourir.
Je ne peux donc rencontrer l'amour sans tuer celui qu'elle devrait normalement aimer.
Je ne peux donc avoir de travail stable sans mettre une personne au chômage.
Je ne peux me nourrir ni respirer sans prendre la part d'un enfant qui crie famine.
Mon existence même est une injure à la vie de cette planète.
x-elfe-de-nuit-x dit :
si tu etais là je me serai écroulée dans tes bras :(
Monsieur X réponds :
Mais ce serait par amour ? Ou par pitié?
[...]
Quant aux ressources que je consomme j'en sent le poids.
Et pourtant je reste là...
Parce que je ne peux pas mourir.
Parce qu'à chaque fois que j'essaie ça plante. La faucheuse ne viendra plus pour moi...
Alors je reste et je me bats.
Et plus je me bats plus j'ai envie que ça s'arrête.
Plus j'ai envie de croire qu'un jour je pourrai arrêter de me battre.
Et puis des fois il arrive de bonnes choses...
Un sourire incongru, une révélation choc, un voyage chez un ami de la grande ville, le retour d'un espoir.
Mais ce sourire m'est-il vraiment adressé ? Cette révélation est en fait un mensonge... Ce voyage est un instant de paradis auquel il est dur de s'accrocher une fois revenu en enfer...
Et le retour de cet espoir ?
Je ne puis que tenter d'être heureux à l'idée de n'avoir pu dévier sa course.
[...]
Pourtant
ça as bien failli
c'est fini
Ça va finir
ça va peut-être finir.
Les jours deviennent des heures et les secondes un petit tas.
L'impossible tas !
Et avant qu'on ne se rappelle ce qui s'est produit.
C'est fini
Ça va finir
Ça va peut-être finir.
[...]
J'ai bien failli y passer pendant que tu n'était plus.
Je n'avais plus rien a quoi m'accrocher. Je vivais l'échec autour de moi car je ne parvenais plus à l'empêcher. Alors je fonçais sur mes forces car je sentais s'écrouler mes faiblesses.
La vie reste accrochée à moi a s'en arracher les ongles comme une fillette qui tente de ressortir du puit mais n'y arrive pas le pied pris dans les algues et s'apprêtant a tomber à l'eau a tout instant.
Mais je suis resté fidèle a moi même...
m'enfin.
Et j'ai pensé a toi ce soir là.
Un part de moi croyait qu'elle pourrait aller te rejoindre.
[....]
Et tu n'es pas la dernière.
"Elle viendras un jour Phil, ne lâche pas"
"L'amour ça ne se cherche pas Phil"
"Des choses comme ça ça arrive c'est tout"
Et pourtant.
Je ne sais plus ou j'en suis.
[....]
X-elfe-de-nuit-x laisse échapper:
je t'aime, Phil